Farine animale: inquiétudes et controverses

Certains diront qu’il n’y a rien là, d’autres se rappelleront amèrement le scandale alimentaire de la vache folle dans les années 90, déclenché en Europe. La farine animale, où peut-elle se trouver dans votre alimentation et qu’en est-il?

À chaque fois que l’on abat une bête, on en mangera environ la moitié, celle que les carnivores ne peuvent se passer: la viande. L’autre moitié s’en va au ‘recyclage’, que l’on appelle le procédé d’équarissage. On y récupère ainsi presque tous : les os, les carcasses, le gras, le sang, les plumes…. Tout est « recyclé ». De l’équarissage proviendront les farines animales, qui sont la réduction en poudre des carcasses des animaux comestibles ne pouvant être utilisés dans l’alimentation humaine. Les farines animales s’avèrent être si riches en protéines qu’une petite quantité suffit pour augmenter la productivité d’un animal. Dans les années 50 jusqu’à la fin des années 80, elles sont devenues populaires par cette double-fonction: recycler des produits et aller chercher une source de protéines pour les animaux en améliorant leur productivité. Un forfait qui s’avéra dangereux et coûta la vie de nombreuses personnes.

Production de farine animale par équarissage
Production de farine animale par équarissage

Le problème majeur avec les farines animales est le suivant: si la farine ingérée provient de carcasses d’animaux malades ou contaminés (cadavres d’animaux infectés par l’ESB ou la tremblante du mouton, crâne de bovins, rate, moelle épinière…), elles sont grandement susceptibles de véhiculer des maladies transmissibles à l’homme ou à d’autres animaux, notamment par la protéine du prion, l’agent infectieux de la vache folle qui provoque cette maladie évolutive du système nerveux des bovins. L’épizootie atteignant l’espèce bovine entre 1986 et 2000 a fait plus de 200 victimes humaines de l’encéphalite spongiforme bovine (ESB) et a provoqué à l’époque un véritable effondrement de la consommation de viande bovine en Europe. Elle a été diagnostiquée pour la première fois au Canada en mai 2003. D’autres cas ont été confirmés depuis, tous dans les provinces de l’Ouest.

Le ministère de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) a donc entrepris le renforcement de son système de surveillance. Depuis 1997, le gouvernement canadien interdit formellement que des ruminants soient nourris avec des farines animales provenant d’autres ruminants. Également, depuis mai 2003, au MAPAQ, les mesures de contrôle ont été augmentées afin de garantir le respect de l’interdiction de servir des farines de viande et d’os issues de ruminants au régime alimentaire de ceux-ci. Des programmes de surveillance, des inspections permanentes et un système de traçabilité chez les bovins ont été mis en place.

Malgré tout cela, les farines animales ont fait un retour controversé en Europe, notamment pour nourrir les poissons, sous le nom de ‘protéines animales transformées’. Elles proviendraient cependant uniquement de porcs, volailles ou poissons. La mémoire courte de l’Europe concernant la crise sanitaire de la vache folle qui avait infectée plus de 190 000 animaux en 2009 a créé bien des remous au sein des consommateurs. Au Canada, seule une consommation de viande étiquettée ‘nourri aux grains végétaux sans farine animale’ ou encore ‘biologique’ peut garantir une absence totale de farine animale, selon une règlementation stricte et officielle. Depuis 2011, les rôtisseries Saint-Hubert ont cessé de servir à leur clientèle du poulet ‘végétal’, notamment pour des raisons économiques.

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